Découvrir les soldats harkis

Les éléments de la pop culture sont omniprésents aujourd’hui. Mais, lorsqu’on s’écarte des gateau en honneur de star wars et des nombreux autres aspects de la vie moderne, on peut se pencher sur des notions qui étaient aussi prévalentes par le passé. C’est le cas pour ce qui est des soldats harkis. Peu de personnes connaissent ce terme, qui malheureusement signifie beaucoup, principalement pour la communauté nord-africaine. L’origine de ce mot remonte à bien avant la première guerre mondiale, autour des années 1830, des suites de la colonisation par la France de la région méditerranéenne.

Petite définition

D’un point de vue étymologique, harkis provient du mot arabe « harka » qui signifie mouvement. Dans ce sens, on peut considérer les harkis comme les « individus du mouvement ». En effet, juste après la colonisation de l’Algérie, les français lancent la création de mouvements ayant pour but de rassembler des hommes d’armes algériens, afin qu’ils prennent par aux différentes actions militaires de la France. Dès les années 1856, plusieurs régiments de ces soldats sont créés dans toutes les provinces de l’Algérie et sont intégrés à l’armée française. Cependant, à cette époque, on parlait plus de « tirailleurs algériens ».

Harkis et Guerre d’Algérie

Les choses prennent par contre une autre tournure en 1957, quand l’Etat major sort une note officielle définissant les conditions dans lesquels les harkis peuvent être engagés. La note fait également état d’une définition assez précise de la notion de harka. Il était par exemple question de faire des harkis, des troupes occasionnelles, auxquelles on ne pourrait faire appel que dans un cadre local et limité dans le temps.

Durant cette même année, le nombre de harkas passe de 2000 en Janvier à plus de 10.000 en Septembre, pour un total de plus de 60.000 harkis. Durant la guerre d’Algérie (1954-1962), ces soldats musulmans étaient considérés comme étant à part dans l’armée française de souche nord-africaine (FSNA), car bien que le Général de Gaulle fût fermement opposé sur l’intégration de musulmans dans son armée, il avait besoin de ces hommes pour défendre mes milliers de kilomètres carrés de son territoire. Il ajoute le rôle psychique du recrutement de musulmans pour cette guerre, car non seulement leur implication permettait de rallier plus de monde, mais qu’ils combattent la propagande au sein de leur communauté.

Que sont-ils devenus ?

Après la guerre d’Algérie, un article publié dans le journal Le Monde du 13 Novembre 1962 compte le nombre de pertes à plus de 10.000 harkis. Pour les survivants, malgré les « promesses » du gouvernement français d’un bel avenir en Europe, le général De Gaulle décide finalement que la France ne peut accueillir des personnes qui n’auraient pas une relation de soumission absolue vis-à-vis de l’Etat français. Par cette décision, ces soldats sont exclus de tout avenir dans une société française. Mais suite à un accord avec l’armée, 20.000 harkis sont hébergés en France dans des camps militaires. En 2012, on compte entre 600.000 et 800.000 harkis et descendants en France.